Fini les chocolats bon marché sous le sapin. Fèves d'exception, matières nobles, pralinés maison... Pour les artisans chocolatiers contemporains, le chocolat est synonyme d'élégance.
Les vitrines des chocolatiers se remplissent de boîtes magnifiques regorgeant d'orangettes et de truffes, tandis que les grandes surfaces sont inondées par les producteurs industriels. La période de Noël représente un véritable apogée pour la consommation de chocolat : 8,5 % des ventes annuelles se réalisent pendant cette saison, contre seulement 3,9 % à Pâques. Pour cette occasion, il est donc logique d'opter pour du chocolat de qualité.
Le luxe, bien plus qu'un mot
Les producteurs mettent en avant l'origine des fèves pour créer un lien authenticité-consommation
Le chocolat de luxe se définit par des valeurs précises, notamment la concentration en cacao. "70 % de cacao, 90 % de cacao...", explique Jacques Pessis, président du Club des croqueurs de chocolat. Valrhona, un acteur majeur, a été pionnier en matière de pourcentage de cacao. Les producteurs ont ensuite commencé à communiquer sur l’origine des fèves, créant une sensation de maîtrise du produit, souligne Daniel Mercier, chocolatier renommé. Cependant, cette surcharge d'information peut parfois perdre le consommateur dans la complexité.
À la rencontre de l'artisanat
Le secteur du chocolat français connaît un renouveau significatif. Chaque année, 30 à 40 nouveaux artisans souhaitent figurer dans le Guide des croqueurs de chocolat. En 1981, peu de gens parlaient de chocolat français de qualité. Robert Linxe, créateur de la Maison du Chocolat, fut un pionnier, prouvant que du chocolat artisanal pouvait séduire le public.
De la fève à la tablette : l'artisanat en mouvement
Le concept "bean to bar" reflète la tendance moderne où l'artisan importe lui-même les fèves de cacao. La maison Bernachon à Lyon est une pionnière dans ce domaine. Le Chocolat des Français, jeune maison, se distingue par sa combinaison d'emballages modernes et de recettes à succès. Selon Nicolas Berger, chocolatier chez La Manufacture Alain Ducasse, l'origine des fèves influence considérablement le goût final du chocolat.
Dans une optique responsable, de nombreux chocolatiers s'impliquent dans une production durable et équitable. Par exemple, La Reine Astrid se positionne comme "chocolatier éthique", tandis qu'Ikalia cherche à réduire son empreinte carbone. Le Chocolat des Français lancera également une tablette 100 % françaises avec des fèves martiniquaises.
En outre, la qualité du chocolat dépend souvent de l'utilisation de "pur beurre de cacao". Jacques Pessis souligne l'importance de conserver cette spécificité face aux tentations de mixer d'autres matières grasses. Les amateurs de chocolat doivent savoir que des barres étiquetées "70 % de cacao" peuvent inclure des proportions variables de fèves et de beurre de cacao, rendant les vérifications essentielles.
Utiliser le sucre avec discernement est tout aussi crucial.
Pour les gourmets, il est conseillé de discuter avec les chocolatiers pour mieux comprendre les ingrédients. Les prix pour un chocolat artisanal de qualité dépassent souvent les 65 euros le kilo à cause du soin apporté à la fabrication. La bonne conservation du chocolat est essentielle ; une température de 17°C est idéale, tandis que le réfrigérateur est à proscrire. Pour les plus exigeants, des caves à chocolat prennent soin de la température, garantissant une expérience gustative optimale.







