Sous des emballages séduisants se cachent souvent des sauces tomates aux origines troublantes et aux compositions déconcertantes. Le dernier rapport de 60 Millions de consommateurs a examiné 30 références de sauces tomates, dévoilant plusieurs surprises.
Tout d'abord, l'origine des produits se révèle parfois éloignée des promesses des emballages. Alors que certaines étiquettes annoncent une provenance italienne, des analyses isotopiques ont mis en lumière que quatre marques, à savoir Priméal, Éco+, Auchan et Léa Nature-Jardin Bio Étic, affichent des caractéristiques correspondant plutôt à des tomates chinoises, connues pour leur production industrielle. Ces recettes ont par conséquent reçu une note inférieure à 10/20, marquant une déception pour les consommateurs à la recherche d'authenticité.
Des résidus inquiétants pour certains produits
Les concentrés de tomates se distinguent par leurs résultats préoccupants. Même les options biologiques affichent des résidus d'imidaclopride, un pesticide désormais interdit dans l'Union européenne. Cette substance persiste dans les sols et les nappes phréatiques, soulevant des questions sur la sécurité alimentaire. Les coulis éprouvent un sort plus favorable, à l'exception des sauces de Monoprix et Reflets de France, qui présentent également des contaminations.
Pour les sauces cuisinées, bien que le label bio garantisse l'absence de pesticides, les sauces conventionnelles révèlent des surprises désagréables. Par exemple, les sauces basilic présentent des résidus préoccupants, avec certaines marques, comme Lidl, accumulant jusqu'à six pesticides, y compris des substances interdites.
Des teneurs en sel et en sucre parfois excessives
Ces sauces sont parmi les produits transformés les plus consommés en France, pourtant leur composition diverge largement des recommandations de l'OMS, qui préconise de limiter l'apport en sel à 5 g par jour. La sauce basilic de Florelli se classe en tête avec un contenu salin atteignant 1,7 g pour 100 g. À l'inverse, les concentrés de tomates affichent des taux de sucres alarmants, une concentration qui quadruple leur densité énergétique, avec jusqu'à 14,3 g de sucres pour 100 g.
Des compositions très variables
Le manque de législation stricte permet à chaque fabricant de formuler ses recettes à sa guise. Par exemple, les sauces bolognaises, qui devraient typiquement comporter une dizaine d'ingrédients, affichent parfois jusqu'à douze, comme pour les produits de Picard, Auchan et Panzani, avec un recours à des amidons modifiés. En ce qui concerne les sauces basilic, bien que quelques-unes parviennent à limiter leurs ingrédients à cinq, d'autres dépassent la douzaine. Une exception notable, la sauce Italians Do It Better, obtient une très bonne note avec seulement cinq éléments. Les coulis et concentrés, quant à eux, tendent à être plus simples, à l'exception du coulis Reflets de France, qui souffre d'un ajout indésirable de sucre et d'huile.







