À compter du 26 septembre, une phase d'évaluation grandeur nature de quatre nouveaux systèmes d'étiquetage nutritionnel bien connues des consommateurs débutera dans plusieurs régions de France. Cette initiative, lancée par le ministère de la Santé, s'étendra sur une durée de dix semaines et sera mise en œuvre dans une soixantaine de supermarchés sélectionnés.
Ce projet, en discussion depuis plusieurs années, vise à créer un étiquetage plus intuitif et accessible, permettant aux consommateurs d'identifier plus facilement les informations essentielles pour une alimentation saine et équilibrée. L'objectif est de combattre le fléau de la malbouffe, en incitant les Français à opter moins souvent pour des produits riches en graisses, en sel et en sucres. Actuellement, 15 % de la population française souffre d'obésité, contre seulement 8,5 % en 1997.
Quatre logos pour mieux s’y retrouver
Cette expérimentation proposera quatre formats d’étiquetage aux visuels distincts, chacun reposant sur deux approches : l'approche analytique, qui affiche les principales caractéristiques des produits, et l'approche synthétique, basée sur un code couleur. Les systèmes qui seront testés incluent :
- Nutri-Score : Un système coloré notant la qualité nutritionnelle des produits de A à E, en fonction de leur teneur en nutriments.
- SENS : Un étiquetage à quatre couleurs, intégrant une indication de fréquence de consommation et basé sur une classification des produits.
- Nutri-Référence : Un système détaillé qui représente la contribution nutritionnelle par rapport aux références journalières.
- Traffic Lights : Un format britannique en cinq pastilles de couleur indiquant les niveaux de nutriments avec un code couleur.
Une expérience à grande échelle
Cette phase d'expérimentation verra l'application de plus de 2 millions d'étiquettes sur près de 1 200 produits, dans quatre régions emblématiques de la France : Île-de-France, Hauts-de-France, Rhône-Alpes et Haute Normandie. Les supermarchés Casino, Carrefour Market et Simply Market participeront à ce projet.
Dans 40 des magasins concernés, une brochure fournira plus d'informations sur l'expérimentation, tandis que les 20 autres supermarchés feront office de magasins témoins.
« L'objectif est de déterminer lequel de ces systèmes influencera le plus les comportements d'achat en orientant les clients vers des choix alimentaires plus sains », déclare Benoît Vallet, coprésident du comité de pilotage de l’évaluation.
Une approche européenne en perspective
Un rapport, qui proposera un classement des systèmes d'étiquetage, sera publié à la fin de l'expérimentation, aidant ainsi le ministère de la Santé dans ses décisions futures, bien que la réglementation européenne ne permette pas d'imposer cet étiquetage de manière obligatoire.
La France, tout en étant pionnière dans ce test à grande échelle, se positionne pour influencer les discussions futures sur l'étiquetage nutritionnel au sein de l'Union européenne. En effet, un projet de réglementation est prévu lors des réunions des pays membres en 2017.
Piloté par le Fonds Français pour l'Alimentation et la Santé, ce projet a rencontré de multiples controverses, illustrées par la récente démission de plusieurs acteurs clés qui ont exprimé des réserves sur la méthodologie de l'étude.







