L'UFC-Que choisir a récemment exprimé son soutien pour l'introduction d'un étiquetage nutritionnel simplifié sur les produits alimentaires. Cette initiative, qui s'appuie sur un système de code couleur, a été proposée au ministère de la Santé l'an passé et est en attente d'examen par l'Assemblée nationale. Si ce projet est validé, la question demeure : cet étiquetage sera-t-il réellement bénéfique pour les consommateurs ?
La couleur comme guide pour le consommateur
Le principe est de rendre l'information nutritionnelle plus accessible et transparente pour le grand public. Le Programme National Nutrition Santé (PNNS) défend cette approche pour simplifier l'analyse des produits industriels, car beaucoup de consommateurs ne prennent pas le temps de déchiffrer des tableaux nutritionnels souvent complexes. Il est important de rappeler que ces informations ne sont pas obligatoires et dépendent de la bonne volonté des fabricants.
Actuellement, les étiquettes peuvent sembler obscures, avec des termes techniques et des abréviations comme DJA (Dose Journalière Admissible) et RJA (Recommandation Journalière Admissible). Comprendre ces indications exige un certain niveau de connaissance en chiffres, notamment pour évaluer les pourcentages et les quantités affichées.
En simplifiant l'étiquetage, cet outil pourrait également jouer un rôle préventif pour la santé publique, notamment contre des maladies liées à l'alimentation telles que les affections cardiovasculaires et le diabète.
Fonctionnement et bénéfices du code couleur
Ce code couleur permettra aux consommateurs de comparer rapidement les valeurs nutritionnelles des produits au sein d'une même catégorie. Par exemple, dans le rayon des féculents, un utilisateur pourra directement voir si un paquet de chips, affichant "-25 % de sel", est en réalité aussi déséquilibré qu'un autre produit.
Le système de couleurs se déclinera en cinq nuances (vert, orange, jaune, rose, rouge) : le vert indiquera un produit respectant l'équilibre nutritionnel souhaité (protéines, sucres simples, sel, matières grasses saturées, etc.), tandis que le rouge signalera un déséquilibre nutritionnel à consommer avec prudence.
Vers une obligation ou un système volontaire ?
Malheureusement, cet étiquetage ne deviendra pas obligatoire. Les nombreux opposants dans l'industrie agroalimentaire ont déjà freiné les initiatives similaires au sein de l'Union européenne. Ainsi, même si le projet de loi est adopté, l'utilisation du code couleur reposera sur la volonté des producteurs.
Pour qu'un tel système soit accepté et efficace, il sera essentiel de mener une campagne de sensibilisation. Les consommateurs doivent comprendre comment interpréter ce code coloré et quels critères ont été utilisés pour son développement. Concernant l'impact sur le comportement d'achat, il est probable que les produits catégorisés en vert et en rouge attireront davantage l'attention. Cependant, la signification des nuances intermédiaires pourrait tromper certains consommateurs, comme il arrive souvent avec les étiquettes promotionnelles dans le commerce.
Un autre enjeu reste à déterminer : comment s'assurer que les étiquettes respecteront efficacement les codes couleurs établis. Un organisme indépendant pourrait être nécessaire pour superviser cette mise en œuvre, garantissant ainsi que les aliments sont étiquetés de manière adéquate.
Merci à Corinne Peirano, diététicienne nutritionniste.







