Au printemps dernier, le joueur de tennis Novak Djokovic a popularisé le gluten out. Depuis, les offres et adresses dédiées au sans gluten n'ont cessé de fleurir. Alors que l'automne s'installe, cette mode semble bien ancrée. Mais qui sont les véritables concernés ? Décryptage.
Imaginez une boulangerie au charme vintage, baignée de lumière où s'affiche un savoir-faire authentique. À Chambelland, tout rappelle une boulangerie classique, des sandwichs juteux aux chouquettes légères. Ce lieu, niché dans le quartier tendance de Popincourt à Paris, propose une alternative sans gluten, avec un pain élaboré à partir de farine de riz. "Nous avons choisi de présenter notre pain sous une forme élégante avec de grands moules carrés", indique la vendeuse. Le gluten, bien qu'indispensable pour la souplesse de la pâte à pain, est responsable de nombreux troubles chez certains individus. Le professeur Cellier, gastro-entérologue à l'Hôpital européen Georges Pompidou, rappelle qu'environ 1 % de la population souffre de la maladie cœliaque, une pathologie qui peut entraîner des complications sévères et qui reste sous-diagnostiquée.
L'absence de gluten : un enjeu de santé s'éclaircit
En cette année où Novak Djokovic a dévoilé son livre sur le gluten, la question se pose : peut-on réellement aider les cœliaques dans ce pays où la culture du pain est si forte ? Bien que certaines recherches avancent une possibilité de traitement, comme des vaccins ou des thérapies ciblées, le professeur Cellier insiste sur l'importance d'un régime strict sans gluten pour ces patients. "Il n'y a pas plus de malades qu'auparavant ; simplement, nous avons affiné nos capacités de diagnostic. Ces chiffres, si significatifs, l'ont toujours été", ajoute-t-il. Avec des établissements comme Noglu, premier restaurant sans gluten en France, ou des artisans comme Éric Kayser, de plus en plus d'options de qualité apparaissent sur le marché, apportant satisfaction et réconfort aux personnes touchées.
Le phénomène du sans gluten s'étend au-delà des malades
Au-delà des cœliaques, une autre catégorie émerge : les hypersensibles au gluten qui ressentent des désagréments digestifs. D’autres encore choisissent ce régime par curiosité ou dans un désir de bien-être. La tendance croissante est observable dans les supermarchés, où les gammes sans gluten se multiplient. Cependant, le professeur Cellier souligne les risques potentiels de cette mode. "Supprimer le gluten n'apporte pas de valeurs nutritives supplémentaires, mais peut entraîner des carences si cette restriction s'élargit à d'autres aliments sans discernement", prévient-il. En fin de compte, proscrire le gluten doit se faire avec joie et convivialité, comme l'incarne le mouvement de Nadia Sammut, qui aspire à réinventer le plaisir de manger sans gluten.







