Frénésie en cuisine, brief des équipes et derniers préparatifs... À une heure de son inauguration, le restaurant flottant signé Alain Ducasse se prépare à accueillir ses premiers gastronomes ce lundi 10 septembre. Reportage exclusif.
18 heures. Sur le quai du port Debilly, dans le chic XVIe arrondissement de Paris, l’équipage du Ducasse sur Seine profite d’un moment de calme avant l’effervescence. Après six mois d’intenses préparatifs, ce restaurant flottant, imaginé par le célèbre chef, s'apprête à recevoir ses premiers invités. Dans une heure, une soixantaine d'heureux participants embarqueront à bord d’un navire entièrement électrique pour une croisière gastronomique à destination du Jardin des Plantes. Pourtant, l’effort est loin d’être terminé pour l’équipe.
Visite privée du Ducasse sur Seine
À peine passé le ponton, le doux clapotis de l’eau cède la place à un ballet organisé de l’équipage. "180 passagers maximum", précise le panneau qui surplombe l’accueil, où s’affairent trois réceptionnistes vêtus de gris, toujours occupés au téléphone. De part et d'autre de ce bureau, deux vitrines illuminent le couloir, conçues par le designer italien Maurizio Galante, exposant des mannequins en miniatures vêtu de tenues éclatantes. Ce parcours enchanteur mène vers des salles ornées de tables magnifiquement dressées, prêtes à accueillir les convives, tandis qu’un tapis épais, habituellement réservé aux palaces, recouvre le sol.
Souvenirs gastronomiques
Sur la terrasse du pont supérieur, face à la majestueuse Tour Eiffel, l’équipage se retrouve autour d’un repas avant le grand service. En haut, le commandant de bord, Laurent Blanchet, s’approche de sa cabine pour se changer en affichant un large sourire. À l’intérieur, une table élégamment nappée de blanc arbore quinze assiettes en argent, véritable havre de paix pour quelques convives cherchant à fuir la frénésie. Tandis que les commis s’affairent, un chef de rang se prépare, visiblement déjà sur le qui-vive.
Un défi culinaire sur les flots
Lorsque le chronomètre affiche 18h30, sous le pont principal, Francis Fauvel, le chef, s’active dans cette cuisine d’un genre particulier. "La contrainte ici, ce sont les espaces restreints", témoigne-t-il tout en veillant à la sécurité des déplacements à l’intérieur. Des cartons de vin prennent place aux abords de la cuisine, tandis que l’effervescence règne parmi les commis, absorbés par leur tâche. Les odeurs de sauces et de légumes pénètrent l’air ambiant, tandis que Francis dédicace des menus, offrant un souvenir précieux à ses clients. Au programme : turbot au naturel, marinière de coquillages, pièce de bœuf au jus corsé — une carte soigneusement élaborée.
À 18h45, Jean-Jacques Michel, le directeur, réunit son équipe pour discuter des demandes spéciales, même une demande en mariage est attendue durant le service. Des jeunes recrues, comme Camille, 24 ans, évoquent leur passion pour cette nouvelle aventure culinaire loin des environnements touristiques, prêtes à relever ce défi avec enthousiasme.
À l’extérieur, le commandant, revêtu de son uniforme chic, attend déjà sur le ponton, prêt à faire prendre le large au Ducasse sur Seine.
Ducasse sur Seine, port Debilly, Paris XVIe. Tél. : 01 58 00 22 08. Huit formules de déjeuners et dîners entre 100 et 500 euros par personne.







