Ce mercredi, plusieurs centaines de collaborateurs du groupe SEB, connu pour sa marque emblématique Tefal, se sont mobilisés pour défendre leurs emplois. En cause : une proposition de loi qui pourrait interdire l'utilisation de certains composants dans les ustensiles de cuisine.
"Écologie oui, mais nos emplois aussi", tel était le message des manifestants rassemblés devant l'Assemblée Nationale. Le 4 avril 2024, les députés examineront une loi visant à proscrire des substances jugées nuisibles dans les ustensiles de la marque. Parmi ces substances figurent des molécules utilisées pour les revêtements antiadhésifs, qui sont accusées d'être polluantes et potentiellement dangereuses pour la santé publique. Cette accusation est cependant vigoureusement rejetée par l'entreprise, qui défend ses pratiques.
Une menace pour des ustensiles du quotidien
Les poêles antiadhésives, souvent pointées du doigt, contiennent des composés appelés PFAS, potentiellement nocifs lorsque le revêtement est endommagé. Leur caractère polluant, dû à leur stabilité chimique, a conduit les écologistes à revendiquer une interdiction de leur fabrication et commercialisation d'ici 2026. Selon Nicolas Thierry, député écologiste, il s'agit d'une question cruciale de santé publique.
Une réponse forte de l'entreprise
La réaction de SEB a été immédiate. Le coordinateur syndical CFE CGC, Jean-Baptiste Perret, a averti que, si la loi est adoptée, environ 1800 employés des usines de Rumilly (Haute-Savoie) et Tournus (Saône-et-Loire) risquent de perdre leur emploi. Thierry de La Tour d'Artaise, président du groupe SEB, insiste sur le fait que les PFAS utilisés ne sont « pas considérés comme nuisibles » par les autorités sanitaires, s'appuyant sur de nombreuses études.
Face à ce duel entre préoccupations environnementales et impératifs économiques, le gouvernement devra se prononcer et trouver un équilibre entre un avenir durable et la préservation d'emplois critiques.







