Chaque année, la gastronomie est frappée par un événement ressemblant à une épidémie : la révélation des 50 meilleurs restaurants au monde. Ce classement, qui s'apparente parfois à une loterie, est décidé par un jury composé de restaurateurs, de chefs et de journalistes. Pourtant, ce processus semble truffé d'incohérences et de préjugés.
Un processus contesté
Le vote des membres du jury suscite des interrogations. Dans un monde où les chefs sont souvent occupés derrière leurs fourneaux, il est difficile de demander à ces derniers de visiter et de juger un millier de restaurants à travers le globe. Les critères de jugement sont flous : comment évaluer un plat traditionnel libanais par rapport à un plat syrien, par exemple ? De plus, la pression médiatique et les habiletés des lobbyistes compliquent encore le processus, alimentant les controverses.
Le Noma, une étoile brillante mais éphémère
Cette année, le Noma de Copenhague, sous la direction de René Redzepi, est présenté comme le prétendant ultime au titre de meilleur restaurant. Redzepi est connu pour sa cuisine d'une finesse rare qui met en avant les ingrédients locaux. Mais, même ce choix prestigieux ne fait pas l'unanimité. Il est humainement difficile de visiter des milliers de restaurants pour établir un classement valide et fiable, et cela soulève la question : ce classement est-il vraiment représentatif ?
Une variété de cuisines en pleine explosion
Le monde culinaire n’a jamais été aussi diversifié, ce qui rend la tâche des jurés encore plus complexe. Alors que des cuisines émergentes, comme celles du Pérou ou du Vietnam, éclosent, les traditions culinaires sont mises à l'épreuve. Les classements veulent souvent s'accrocher à une notion de supériorité, mais la gastronomie est devenue un lieu d'exploration et d'expérimentation sans limites.
Les classements de restaurants sont ainsi devenus un véritable spectacle, mêlant gastronomie et communication, mais au fond, cela cache peut-être une farce bien orchestrée. L’intérêt médiatique pour ce type de classement dénote une réalité plus large : la gastronomie, loin d'être une quête de l'excellence, repose parfois sur des principes un peu plus… farfelus.







