Cinq femmes, Delphine, Anne-Laure, Stéphanie, Rozenn et Anne-Catherine, se battent pour valoriser la bière dans un secteur encore perçu comme masculin.
La consommation de bière en France ne cesse de croître, atteignant 32 litres par an et par habitant. Alors que cette boisson ancestrale s'éloigne de son image populaire, certains la considèrent encore comme une "boisson d'homme". Élisabeth Pierre, fondatrice de Bierissima, lutte pour faire entendre la voix des brasseuses en réunissant celles qui mettent en lumière leur savoir-faire. Elle souligne : "Le terme 'brasseur' s'applique souvent de manière générale, mais de plus en plus de femmes entrent dans ce domaine!"
Le passé féminin de la bière
L'histoire de la bière révèle une forte implication des femmes, notamment les 'ale wives' de la Grande-Bretagne médiévale, qui accueillaient les amateurs dans leurs établissements. En Mésopotamie, le brassage était également une tâche domestique réservée aux femmes. Aujourd'hui, nos brasseuses, telles que Delphine, Anne-Laure, Stéphanie, Rozenn et Anne-Catherine, transforment leur passion en métier avec des parcours variés mais une même ambition.
Des parcours diversifiés
Anne Catherine Sailly, par exemple, a abandonné une carrière dans le tourisme pour se consacrer à la brasserie, inspirée par des traditions familiales. Elle défend l'idée que faire de la bière doit être créatif, évoquant ses expériences de brassage comme des compositions culinaires. Delphine Roulier, quant à elle, a un passé dans le vin et est passée à la bière après expérimentations et réflexions sur son identité de femme dans un secteur masculin. "Autant il y a un snobisme autour du vin, autant la bière est encore souvent vue de manière standardisée", constate-t-elle.
Rozenn Mell, ancienne ingénieure agroalimentaire, a été poussée par ses racines agricoles à se lancer dans la brasserie, en privilégiant le houblon français et les plantes bretonnes. De son côté, Anne-Laure Pelloux-Prayer a découvert la bière lors d’une visite de brasserie, ce qui a éveillé en elle un intérêt pour l'art de la fermentation. "Mes bières sont comme une part de moi", dit-elle. Enfin, Stéphanie Altermatt, dont l'aventure a débuté à quinze ans, a utilisé sa formation en microbiologie pour innover dans le domaine de la bière.







